
Rédigé par Haylo Ween.
Récemment, sur Thread et d’autres réseaux sociaux, la question du HEA dans la Romance est soulevée. Est-ce vraiment nécessaire ? Quel intérêt ? Mais surtout… Qu’est-ce que c’est ?
Décortiquons tout ça ensemble !
Qu’est-ce que le HEA ?
S’il signifie « Happily Ever After » (Heureux jusqu’à la fin des temps), ce sigle est surtout utilisé pour décrire les fins heureuses dans le domaine des livres ; reprenant la célèbre citation des contes de fées pour en parler.
Certains utilisent aussi le terme HFN « Happy For Now » (Heureux pour le moment), pour indiquer qu’à la fin, les personnages sont heureux mais que cela ne pourrait pas durer toute leur vie. C’est une manière d’offrir une vision plus réaliste à son récit, affirmant qu’ils sont heureux à cette fin de l’histoire, de la saga, mais que si on devait écrire leur vie entière… qui sait ?
Mais alors, comment s’applique le HEA au genre de la romance ?
Une fin heureuse, en fonction du genre, n’a pas toujours les mêmes objectifs. Dans un livre policier, c’est quand on retrouve le meurtrier et qu’il soit condamné, par exemple. En romance, c’est quand les protagonistes vivent leur histoire d’amour, tout simplement.
Mais alors, peut-on écrire une romance qui ne possède pas une HEA ? Avec une fin tragique ?
Non, et la raison se cache dans les profondeurs de la question : qu’est-ce que la romance ?
Le genre de la Romance.
Ici, il est important de faire une véritable distinction entre une intrigue romantique et le genre de la Romance. Parce qu’une histoire d’horreur où une romance se développe n’a rien à voir avec une Romance dans un environnement horrifique.
Mais du coup, qu’est-ce qu’est le genre de la Romance ?
La définition même a été posée et réfléchie grâce au RWA (Association des Romance Writers of America) en 2006, après avoir étudié toutes les œuvres qui parlent d’amour en thème principal, et la voici :
Une histoire d’amour centrale et une fin émotionnellement satisfaisante et optimiste.
— Traduction du résumé de l’article écrit par le RWA, 10/2006.
Même si la définition exacte de la romance n’est pas connue de tous les lecteur·ices du genre ou même des auteur·ices, elle est induite, sous-entendue depuis le début de la Romance. Ce sont les maisons d’éditions qui, depuis aussi longtemps que la Romance existe, s’occupent de catégoriser correctement les œuvres romantiques.
Et les romances qui finissent mal, ça ne compte pas comme de la romance ?
Non, en tout cas, pas dans le genre Romance en littérature. Ils seront appelés des romans d’amour, certains les appellent des drames (dramas) amoureux, d’autres des tragédies. Parfois, on parlera davantage des autres thèmes ; Thérèse Raquin est un roman naturaliste, Titanic est considéré comme un mélodrame, etc…
C’est une différence qui surprend, n’est pas très connue mais qui existe dans le monde de l’édition.
Parce qu’au final, peu importe ce que vous écrivez, c’est la maison d’édition qui décidera du genre de votre livre. Parce qu’elle accordera votre roman, votre histoire, à ce que le public a l’habitude et ce qu’il attend du genre attitré.
Pour une romance, c’est une histoire d’amour avec une fin optimiste, heureuse !
Pourquoi ne pas faire évoluer le genre Romance pour tout inclure finalement ?
Depuis toujours, la romance a été moquée, bafouée par ceux qui n’en lisent pas. Les lectrices, car le lectorat est principalement (mais pas exclusivement) féminin depuis toujours, ont été insultées ; naïves, stupides, aliénées à croire qu’une histoire d’amour se finit forcément bien. Certains prétendent que les lectrices sortent de la réalité jusqu’à ne plus pouvoir y exister en prenant l’exemple de Madame Bovary… Qui voudrait d’une réalité fade quand on lit des amours parfaits qui finissent toujours bien ?
Il a même été décrit que lire beaucoup de romance serait une maladie avec des symptômes d’obsession et de dépendance.
N’est-ce pas fou, tout ce qu’on peut dire sur un genre de lecture, sous prétexte que c’est de l’amour qui finit toujours bien ?
Avez-vous déjà vu des critiques acérées sur de la lecture d’horreur, de thrillers, de fantasy ? Personne n’a jamais critiqué ou remis en question leur dissociation de la réalité.
Alors perpétuer la romance telle qu’elle est, être fier ou fière d’en lire, c’est aussi montrer qu’on ne se laisse pas abattre, que la lecture de la Romance ne doit pas être souillée par ses détracteurs alors qu’elle ne fait de mal à personne.
Et puis, à quoi bon vivre une histoire d’amour si elle n’est pas une vraie Romance finalement ? Une belle histoire, qui finit forcément bien.

