Pourquoi tout le monde veut écrire un roman (et pourquoi c’est très bien comme ça)

Photo mise en avant : ©Eliza Ari / Pexels.com

Il y a un truc curieux avec l’écriture.

Personne ne dit « je veux courir un marathon » à voix haute dans une soirée. On fait du sport, ou on n’en fait pas, et c’est une affaire réglée. Mais dès qu’il s’agit d’écrire, d’écrire vraiment, un roman, une histoire, quelque chose de long, les gens le disent. Ils l’annoncent. Parfois depuis dix ans.

« J’ai un projet d’écriture. »

La phrase existe dans sa propre catégorie grammaticale. Entre la déclaration d’intention et le titre honorifique.

« On pourrait s’en moquer. Ce serait facile. »

Le roman perpétuellement en cours, le chapitre un qui dure depuis 2017, le carnet acheté en septembre et vierge en décembre — c’est un classique. Un grand classique.

Sauf que se moquer, c’est passer à côté de quelque chose.

Parce qu’au fond, pourquoi est-ce qu’on le dit ? Pourquoi ce besoin de le nommer — à voix haute, devant des gens, avec le risque d’avoir à s’en souvenir ?

Peut-être parce que l’écriture est l’une des rares activités humaines où l’intention compte déjà. Où le désir d’écrire est déjà une forme d’écriture. Où avoir une histoire dans la tête, c’est déjà un peu l’avoir racontée.

Le marathonien doit finir la course pour exister. L’auteur, lui, commence à exister dès qu’il commence à vouloir.

C’est une étrangeté magnifique.

Et puis il y a autre chose.

Écrire un roman, c’est faire le pari que quelque chose dans ta tête mérite d’être transmis. Que cette histoire (la tienne, avec tes doutes dedans, tes obsessions, tes personnages bancals) vaut qu’on lui donne du temps, des mots, une forme.

C’est un acte d’orgueil discret. Et d’une générosité qu’on ne s’avoue pas.

Alors non, tout le monde ne finira pas son roman. Statistiquement, c’est brutal. La plupart des projets restent des projets. Des carnets à moitié remplis, des fichiers Word sans titre, des idées qui ont failli.

Mais tout le monde qui veut écrire a déjà compris quelque chose d’essentiel : que les histoires ne tombent pas du ciel. Qu’elles se fabriquent. Qu’elles demandent qu’on y revienne.

C’est déjà beaucoup.


Chez Loup Blanc, on fait des carnets et des ressources pour celles et ceux qui veulent aller au bout. Pas parce qu’il faut finir, mais parce que ça vaut la peine d’essayer sérieusement.

Même si ça doit prendre dix ans.


Ton histoire ne s’écrira pas toute seule

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